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présenté devant le Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement (BAPE) au mois d'août 1996 à Drummondville
COMITÉ :
FRANÇOIS CHABOT, responsable du comité et officier
JACQUES DION, président du Bloc Vert
ROBERT JULIEN, officier
DANIEL LAMOTHE, officier
STÉPHANE COLARD, officier
MICHEL CYR, Environnement ESA, spécialiste contractuel
JEAN-PAUL RAÎCHE, contractuel

Présentation du Bloc Vert
Organisme communautaire à but non lucratif fondé en 1990,
le Bloc Vert est composé de représentants des municipalités, dorganismes
environnementaux et communautaires, de lUPA, des industries et des institutions
financières et de toutes personnes intéressées à lenvironnement. Le mandat se
réalise sur le territoire du Bas St-François, notamment les MRC de Drummond et de
Nicolet-Yamaska. Il est dassurer la mise en oeuvre des priorités
dinterventions environnementales par la participation directe des divers
intervenants, tant privés que publics. Ses principales activités sont la collecte des
déchets domestiques dangereux (DDD), la publication dun bulletin dinformation
environnementale intitulé le Bloc notes, lappui aux activités de ses
représentants et la réalisation dun concours Lécole-écolo. Par son
implication dans la protection de lenvironnement et avec son mode de décision par
consensus, le Bloc Vert sest bâti une solide crédibilité qui fait
lunanimité dans le milieu.
Propositions du Bloc Vert sur la gestion des matières
résiduelles
1. Objectifs et principes
Dans l'élaboration de son mémoire, le Bloc Vert a retenu 2
grands objectifs:
 | la sécurité des lieux denfouissement sanitaire; |
 | la réduction de 50% de la quantité des déchets à éliminer
par rapport à lannée de référence 1988, notamment fondée sur la hiérarchie des
3R-V. |
Pour cela, le Bloc Vert s'appuie sur les principes de
base suivants:
 | la responsabilisation des divers intervenants et des
producteurs de déchets; |
 | léquité, en fonction des efforts fournis par
tous; |
 | la prise en main régionale de certaines activités de
gestion des matières résiduelles; |
 | limplication des citoyens, par exemple sur des
comités de surveillance; |
 | la prise de décision démocratique fondée sur des
projets comportant des objectifs réalisables et mesurables, ainsi que des coûts
raisonnables. |
2. Thèmes spécifiques
Nous tenons à préciser que le Bloc Vert ne se prononce pas
sur lensemble des propositions du MEF, mais seulement sur 7 thèmes précis, soit:
- La gestion des lieux denfouissement sanitaire;
- Limplantation de ressourceries;
- Le contrôle des DDD et des DD des petits et des moyens
générateurs;
- Le compostage des matières organiques;
- La responsabilité des MRC sur le contrôle des objectifs de
réduction;
- Le plan de gestion des matières résiduelles pour les ICI;
- La participation des citoyens: clé du succès.
Notre mémoire sinscrit dans la perspective dune
volonté de changement pour le respect de lenvironnement et cela pas uniquement dans
le cadre du règlement actuel et des propositions du MEF. Mais, nous appuyons la
création dune nouvelle Société de gestion des matières résiduelles qui devrait
prôner des moyens incitatifs de réduction, alors que le MEF gardera les moyens
législatifs.
Enfin soulignons que le présent mémoire a été entériné
par le comité exécutif du Bloc Vert, lors de sa réunion du 3 août 1996.
Thème 1: la gestion sécuritaire des lieux
denfouissement sanitaire (L.E.S.)
Malgré la probable atteinte du 50% de lobjectif de
réduction, il demeurera une quantité importante de déchets à éliminer. Ne favorisant
pas lincinération, le Bloc Vert propose de procéder à une élimination en
toute sécurité des déchets dans les L.E.S. ailleurs, nous pensons que
lexpropriation des sites privés nest pas un moyen de rendre les sites
sécuritaires, et quelle ne devra pas être retenue comme tel, tout en
considérant quelle réduirait les sommes disponibles à la gestion des matières
résiduelles.
1. Responsabilité réglementaire du MEF (Proposition 12):
Le ministère devrait réviser son règlement actuel
en matière de protection environnementale des L.E.S. en le rendant plus souple au niveau
des moyens utilisés et beaucoup plus strict au niveau des résultats à atteindre. De
plus, il devrait obliger la création de comités de surveillance, sous la
responsabilité des MRC, pour chaque L.E.S. existant, privé ou public, et dicter
certaines règles de tarification (référer au paragraphe sur la tarification dédiée.
Enfin, en cas du non-respect du règlement, le MEF doit demeurer le législateur en
matière denvironnement, tout en déléguant une partie de ses pouvoirs aux MRC,
mais en gardant son pouvoir denquête et de poursuite.
2. Création dun fonds de réserve post-fermeture
(Proposition 13):
Le Bloc Vert appuie cette proposition qui devra être bien
étayée pour sassurer que les fonds soient suffisants, bien protégés
contre toute " évasion " ou faillite. Une récupération de ces
montants devra être possible dans le cas dabandon du site avant la fermeture
officielle. Enfin, nous proposons la création dun fonds par site, quil
soit public ou privé.
3. Tarification dédiée en fonction du tonnage entrant
dans les L.E.S:
En plus dun tarif imparti pour le fonds de
post-fermeture, le Bloc Vert propose que certains tarifs soient ajoutés aux prix
délimination. A Moncton par exemple, un montant de 2,00$ par tonne est
prélevé pour linformation des citoyens.
Ainsi, un montant à la tonne pourrait servir pour:
 | le fonctionnement du comité de surveillance, notamment pour
les suivis environnementaux des L.E.S. (référer au paragraphe suivant): ces sommes
seraient remises aux MRC dans le but dêtre utilisées en fonction de la capacité
des sites et des efforts de dépollution; |
 | un fonds régional dont le but serait de favoriser
limplantation de programmes dinformation et de sensibilisation des citoyens et
des ICI; ces sommes seraient remises aux MRC et redistribuées en fonction des efforts
réalisés et justifiés; |
 | une souscription directe à la Société qui pourrait
répartir et redistribuer ces sommes en fonction des efforts de
réduction-réemploi-recyclage-valorisation selon le contexte; par exemple, une ville
éloignée par rapport à Montréal na pas les mêmes marchés; |
 | toute autre moyen proactif en matière de protection de
lenvironnement. |
En conséquence, tout en respectant intégralement le
principe déquité, les tarifs délimination deviendraient moins attrayants;
ce qui favoriserait des méthodes de gestion des matières résiduelles en fonction du
principe des 3R-V.
De plus, un montant devrait être prélevé sur les
déchets provenant de lextérieur de la MRC ou de la région; ce qui permettrait
indirectement de favoriser une plus grande régionalisation. Ce montant remis à la MRC
pourrait, entre autres, être utilisé pour les frais supplémentaire du comité de
surveillance et de suivis environnementaux.
4. Comité de surveillance (Propositions 4.12 et 17):
Dans le but de bien responsabiliser les divers intervenants,
nous proposons que le futur règlement oblige la formation dun comité de
surveillance pour chaque L.E.S. Composé de divers bénévoles nommés par la MRC,
tels des citoyens, des représentants municipaux et de groupes environnementaux, ce
comité mandatera une firme accréditée par le MEF (référer à contrôle des L.E.S. au
paragraphe suivant) pour réaliser en toute neutralité le suivi environnemental complet
du site à une fréquence régulière, par exemple à tous les 3 mois. Dans le cas de MRC
elle-même propriétaire de L.E.S., le MEF nommerait les membres du comité de
surveillance, sur avis de la MRC.
La responsabilité du suivi serait sous le contrôle du
comité et non du propriétaire du site; les déboursés encourus seraient effectués
par le propriétaire via la tarification dédiée, en fonction du tonnage à
lentrée du site, telle quindiquée au paragraphe précédent.
Le comité aura donc:
 | la responsabilité de choisir la firme qui réalisera les
suivis; |
 | un droit de regard sur les pratiques denfouissement; |
 | un droit de regard sur la nature, la quantité et
lorigine des déchets; |
 | la possibilité de visiter le site en tout temps sans
préavis; |
 | le pouvoir de déclarer toute anomalie à la MRC ou au MEF; |
 | le pouvoir de recommander toute amélioration souhaitable; |
 | la possibilité de faire appel au MEF, dans les cas de
non-respect de ses recommandations. |
Ainsi, ces comités permettront de mieux gérer la protection
de lenvironnement, tout en possédant une entière neutralité tant par rapport aux
propriétaires du site quaux élus locaux.
5. Contrôle des L.E.S. (Propositions 4 et 12):
Le Bloc Vert propose que le MEF délègue des pouvoirs
dinspection aux MRC. Le suivi environnemental des sites ainsi que le contrôle
réglementaire des L.E.S. seraient assumés par les MRC " En collaboration
avec le Comité de surveillance, les MRC désigneraient une firme et un laboratoire
accrédités pour le suivi des eaux de lixiviation et des biogaz. Les infractions aux
normes et aux règlements seraient communiquées au MEF afin dappliquer les
sanctions adéquates. Cette délégation au niveau de linspection pourrait
également sétendre au niveau des activités municipales, industrielles et
agricoles.
Nous ne sommes pas daccord avec le sous-entendu du MEF
qui semble proposer que les prélèvements soient sous la responsabilité des
propriétaires des L.E.S., même si des laboratoires indépendants en faisaient les
analyses. Un échantillon non représentatif ne donnera jamais un résultat danalyse
représentatif. Il nous apparaît donc primordial que les prélèvements soient réalisés
par une firme indépendante, sous la responsabilité du comité de surveillance.
6. Provenance des matières résiduelles (Proposition 4):
Le pouvoir daccepter des matières résiduelles non
dangereuses à être enfouies, incluant les sites existants, devrait être délégué aux
MRC qui pourraient réglementer la provenance des déchets hors MRC: interdiction, taux
progressif et autres. Toutefois dans un contexte réaliste en présence de
méga-sites, nous pensons que la tarification dédiée sera un facteur incitatif à la
réduction des matières à éliminer, tant par rapport à la quantité que de la
provenance.
En résumé, lorganigramme suivant présente
notre proposition en ce qui a trait aux responsabilités concernant la sécurité des
L.E.S.:

Toutes autres activités peuvent sy ajouter.
Thème 2: limplantation des ressourceries
Le Bloc Vert est davis que limplantation de
ressourceries dans les localités présentant une certaine densité de population, par
exemple 10 000 personnes sur 30 km2, serait un élément important dans les
plans de gestion des matières résiduelles. Toutefois, nous considérons que les
ressourceries doivent servir de manière prépondérante aux matières dorigine
domestique. Par contre, les ICI produisant de petits volumes pourraient, après entente,
apporter également leurs matières résiduelles tout en payant une contribution qui
permettra une entrée de fonds nécessaire au fonctionnement des ressourceries.
Donc les activités suivantes permettraient
datteindre plusieurs objectifs:
 | récupération de meubles et délectroménagers; |
 | récupération de tissus, de vêtements, de souliers, de
vaisselle et dustensiles; |
 | récupération de bois, de matériaux de construction et de
plomberie; |
 | récupération dhuiles usées ou autres DDD non
spécialisés; |
 | centre de formation et dinformation des citoyens. |
Ces activités permettraient de diminuer la quantité dans
les collectes de déchets, tout en protégeant dautant plus lenvironnement et
en réduisant les coûts. De plus, les ressourceries savèrent fort complémentaires
aux collectes sélectives déjà établies: papier, carton, plastique, verre et certains
métaux domestiques. Enfin, elles pourront permettre de créer certains emplois en
récupération, en réparation et en vente, tout en offrant à petits prix des produits
utiles aux familles qui voudront sen procurer. Quelle belle manière de réduire nos
matières résiduelles en produisant une action à dimension sociale!
Thème 3: la collecte des résidus dangereux
(Proposition 11)
Le Bloc Vert consigne que ces produits sont excessivement
nocifs pour les L.E.S., donc pour lenvironnement. Bien que nétant pas compris
dans le mandat actuel de consultation publique, le Bloc Vert souligne que le futur
règlement sur les matières dangereuses devra être précis et efficace dans le but
datteindre des objectifs réalisables et contrôlables, le tout afin de réduire à
zéro lélimination de ces déchets dans les L.E.S. Toutefois, les résidus
dangereux dorigine domestique sont également nocifs et malheureusement souvent
présents dans les ordures ménagères. Ceci nous apparaît inacceptable et nous proposons
les actions suivantes:
1. Implication des gouvernements et des entreprises afin
den réduire la
production
Si la mise en marché, donc la vente libre de ces produits
était considérablement réduite, alors le volume de déchets serait diminué
dautant. Cest tout simplement le principe de réduction à la source
qui, ici comme ailleurs, savère prédominant. Une sensibilisation des entreprises
productrices et une réglementation adéquate seraient fort souhaitables.
2. Collecte annuelle obligatoire des DDD
Nous proposons de rendre obligatoire cette activité pour
toutes les MRC ayant une certaine densité de population, à être définie par le MEF.
Pour les plus grandes, les collectes pourraient être permanentes, via les ressourceries
par exemple, alors que pour les plus petites, une collecte de quelques journées ou
dune seule pourrait suffire. De plus, le MEF pourrait favoriser limplantation
de centres de transfert régionaux ainsi que les regroupements des MRC ou des
municipalités. Enfin, le MEF devrait assouplir les procédures administratives afin
de faciliter lémergence de nouvelles collectes tout en demeurant sécuritaires pour
les travailleurs.
3. Accessibilité plus grande des citoyens à des points
de dépôt
Déjà implantée, la méthode de collecte à des points de
dépôt permet de faire participer plusieurs commerces tels les quincailleries pour les
peintures et solvants, les garages automobiles, en association, pour les huiles, batteries
et pneus, et autres. En plus des ressourceries, les garages municipaux ou autre type de
structure publique pourraient peut-être servir pour la réalisation de collectes
annuelles ou permanentes.
4. Application dune consigne sur certains produits
Nous pensons que cette méthode de récupération pourrait
savérer très performante pour les DDD solides, et pour certains DDD liquides ou
gazeux telles les huiles à moteurs, ayant un volume de retour similaire au volume
initial. Ainsi, les batteries dautomobile, les pneus, les détecteurs de fumée, les
piles alcalines et autres, pourraient être vendus avec un montant de consigne
appréciable dans le but den favoriser la récupération à la fin de leur utilité.
5. Application dun droit environnemental sur
certains produits
Sil savère impossible de réaliser une
réduction à la source, nous pensons que cette méthode de dissuasion dachat pourrait
être applicable sur certains DDD liquides ou gazeux nayant pas de volumes de retour.
Le droit environnemental pourrait couvrir les frais de récupération ou de
réemploi-recyclage-élimination des produits mis en marché, mais non consignés. Par
exemple, la méthode pourrait être appliquée pour les acides forts et les bases fortes,
les décapants et les solvants concentrés, tous les pesticides chimiques à action
intense, les produits nettoyants toxiques, et autres; en fait pour la majorité des
produits domestiques fortement toxiques dont lutilisation produit une pollution
diffuse. Les droits environnementaux pourraient favoriser lémergence de produits de
substitution moins ou non toxiques. Les montants perçus comme droits environnementaux
seraient remis à la nouvelle Société et redistribués aux MRC pour la gestion des
déchets domestiques dangereux ainsi que des déchets dangereux des autres générateurs
(exemple: <5 kg/mois), en fonction des efforts réalisés et justifiés.
6. Collecte des DDD non récupérables lors des collectes
Un grand nombre de produits ne sont pas récupérés à
cause des dangers quils comportent, ou de leur faible quantité, ou de leur coût
élevé de disposition ou autre. Ainsi, les colles, les enduits à toiture, les cires
de meubles, les nettoyants, les décapants, les adhésifs, les mousses duréthane,
les fixatifs à cheveux, les laques et les shélacs, le silicone imperméabilisant et les
tubes de scellant, le prestone, lammoniac, le créosote, le poison à rat, les
herbicides et les produits radioactifs et autres sont souvent refusés lors des collectes
de DDD. Ces produits se retrouvent en grande majorité parmi les ordures à être
enfouies. Nous proposons que le MEF réunisse les divers intervenants afin de trouver
les solutions adéquates pour chaque produit, comme par exemple la réduction des
frais de recyclage, de réemploi ou délimination sécuritaire, lapplication
de consignes ou de droits environnementaux ou autres.
7. Collecte des DD des autres générateurs
Souvent de petits commerces de nettoyage, des buanderies, des
imprimeries, des garages, des institutions scolaires et de la santé, des petits
manufacturiers, des producteurs agricoles et autres, ne possèdent pas tous les moyens
techniques permettant une récupération adéquate des DD. Produisant des faibles
quantités, souvent moins de 5 kg/mois, ils sont exclus de lactuel règlement sur
les déchets dangereux, et probablement du futur règlement. Il serait très
souhaitable dassocier ces intervenants selon leur type de DD avec les
municipalités, par la collecte des DDD, ce qui permettrait peut-être dapporter des
revenus supplémentaires à cette activité en chargeant en fonction du poids ou du
volume, ou de les associer avec les grands générateurs dans le futur règlement sur les
matières dangereuses.
En résumé, le Bloc Vert pense que la problématique des DDD
est primordiale à cause de leur effet de toxicité. Conséquemment, nous proposons des
moyens relativement simples, efficaces, peu coûteux par rapport aux effets, qui
impliquent une responsabilité totale tant des producteurs que des utilisateurs, afin de
réduire considérablement et même déliminer lenfouissement de ceux-ci. Il
faut augmenter laccessibilité des méthodes et des lieux de réduction ou de
récupération. De plus, des campagnes de sensibilisation et dinformation à
ce sujet auprès des citoyens, savéreront indispensables pour latteinte des
objectifs. Nous savons que la volonté de participation est élevée; il sagit
maintenant de rejoindre adéquatement la population.
Thème 4: le compostage des matières organiques
(Proposition 8)
Le Bloc Vert appuie fortement cette méthode de valorisation
des matières résiduelles qui devrait faire partie intégrante de tous les Plans de
gestion intégrée des résidus (Proposition 4).
1. Compostage des résidus municipaux et résidentiels
Nous proposons au MEF détablir un échéancier
raisonnable dans le but dobliger toutes les municipalités à mettre en place des
collectes séparées permettant de composter les matières organiques. Celles-ci
proviendraient de source municipale, incluant les boues dépuration valorisables et
les résidus verts de parcs, ainsi que de source résidentielle, notamment les déchets de
table, les feuilles dautomne et les résidus verts. Un regroupement de
municipalités en MRC devrait être favorisé ainsi que les composteurs domestiques ou de
voisinage dans les municipalités rurales.
2. Compostage des résidus des ICI
Dans ce même échéancier, les ICI produisant des
résidus organiques devront se doter dune méthode de récupération et de
compostage. Il serait probablement favorable que les ICI travaillent avec les
municipalités afin dutiliser les mêmes structures de compostage ou bien se
regroupent ensemble pour ainsi profiter des économies déchelle.
3. Absence de marché de compost fabriqué
Le Bloc Vert ne partage pas lopinion du MEF concernant
le traitement des résidus par fermentation en cas dabsence de marché pour le
compost. Le compost peut être utilisé à plusieurs fins autres que lenfouissement,
ne serait-ce que pour lépandage en bordure des routes ou des forêts, la
revalorisation des parcs et des espaces verts, la revégétation despaces ou de
berges et autres.
Thème 5: la responsabilité des MRC en matière de
contrôle de latteinte des objectifs de réduction (Proposition 4)
Pour nous, il sagit de renforcer la présence des MRC
en gestion des matières résiduelles. Afin de rapprocher les lieux de décisions par
rapport aux citoyens, le Bloc Vert fait de ce thème lune des idées principales.
Tout en étant efficace et généralement moins dispendieux que les grandes structures
gouvernementales, ce moyen permettrait de responsabiliser et de faire participer la
population au processus de gestion des matières résiduelles.
1. Responsabilisation régionale
Plus fort que la simple élaboration dun Plan de
gestion intégrée des matières résiduelles, les MRC devraient être responsables de
la gestion des matières résiduelles sur leur territoire, incluant le contrôle de la
provenance, de la nature et de la quantité des résidus, le contrôle des collectes des
DDD et des DD des autres générateurs ainsi que des résidus agricoles, la gestion des
ressourceries et des structures de compostage, la gestion des boues de station
dépuration, et autre. De plus, les MRC devraient avoir un représentant au comité
de surveillance des L.E.S., en plus des citoyens, des groupes environnementaux et autres.
Enfin, les activités de consultation, de sensibilisation et dinformation régionale
devraient être sous la responsabilité des MRC ou des regroupements de MRC.
2. Diversité régionale dans la détermination des
objectifs
Le MEF ou la Société peuvent déterminer les objectifs de
réduction, mais les MRC doivent participer à ces choix afin de bien considérer
le contexte régional comme la densité de la population, léloignement des marchés
et les coûts régionaux ou autres. De plus, les MRC devraient se donner une structure
de contrôle afin de vérifier elles-mêmes latteinte des objectifs spécifiques
à chaque municipalité ou aux ICI déterminés le cas échéant.
Thème 6: un plan de gestion des matières
résiduelles pour les ICI (Proposition 3.1)
Avec plus de 40% de déchets produits au Québec, les ICI
produisant un certain volume de déchets devraient également participer aux efforts de
réduction des déchets. En conséquence, nous proposons, quen toute équité, ces
entreprises élaborent un plan de gestion de leurs matières, le soumettent aux
autorités locales et le réalisent complètement. Des objectifs réalistes et
contrôlables devraient constituer lessentiel de ces plans.
1. Responsabilisation environnementale des ICI
A partir dune certaine limite, par exemple 50 employés
en un lieu de travail ou 20 tonnes annuelles de déchets, chaque ICI devrait
obligatoirement produire un plan de gestion de ses matières résiduelles et le soumettre
à la MRC. Les objectifs de réduction devraient être du même ordre que ceux
déterminés pour les résidants et les municipalités de la MRC. Le plan devra, entre
autres, comporter certains éléments concernant les matières dangereuses. Le tout semble
sinscrire dans la même direction dISO 14000, et de la responsabilité
environnementale des entreprises. Enfin des comités environnementaux, comprenant
des représentants des travailleurs, pourraient gérer le plan de gestion des matières
résiduelles pour chaque ICI concerné.
2. Équité par rapport aux citoyens
Souvent, les citoyens considèrent que les ICI ne
sefforcent pas en matière de protection de lenvironnement; ce qui nest
pas nécessairement toujours vrai. Toutefois, lobligation détablir un plan de
gestion des matières résiduelles tant pour les municipalités que pour les ICI
concernés rend équitable la responsabilité environnementale de tous.
3. Participation à la vie régionale
En soumettant leur plan de gestion aux MRC, les ICI doivent
simpliquer par rapport aux citoyens de leur région, tout en obligeant un certain
niveau de transparence. De plus, les autorités locales nous semblent plus alertes par
rapport aux actions régulières de leur commettants, alors que le MEF pourra garder ses
charges législatives et les objets exigeant une profonde connaissance technique, tels les
déchets dangereux industriels.
Thème 7: la participation des citoyens: clé du
succès (Propositions 16 et 17)
Le Bloc vert est convaincu que la gestion intégrée des
matières résiduelles passe par linformation, la formation et la sensibilisation
des citoyens; en fait, par la démocratisation du processus et par des actions en ce sens.
Les citoyens ne doivent pas uniquement devenir des êtres consultés, mais devenir des
participants à la gestion de ces matières. Ils doivent avoir des droits par rapport aux
suivis et aux décisions, dautant plus que plusieurs de celles-ci les concernent
directement comme par exemple les déchets domestiques. Les pratiques
denfouissement, les modes de gestion, la provenance, la nature et la quantité des
déchets représentent autant déléments auxquels les citoyens doivent
simpliquer.
1. Responsabilisation des producteurs de matières
résiduelles
Tous les citoyens sont des producteurs de déchets; par la
sensibilisation, la formation et sil y a lieu par la taxation et la réglementation,
les citoyens doivent prendre conscience de leur rôle. Encore plus, leur mobilisation
doit être exigée dans le but de réduire les matières résiduelles et également
protéger lenvironnement.
2. Implication des citoyens
Le MEF, la Société, les MRC, les municipalités devront
déterminer les mécanismes permettant la participation des citoyens, non seulement au
niveau de la consultation, mais aussi dans les processus décisionnels ainsi quau
niveau des comités de surveillance.
La gestion des déchets est du domaine public. En fait, les
entreprises privées peuvent y travailler, mais elles doivent rendre des comptes publics
en toute transparence, que ce soit des entreprise productrices de déchets ou celles qui
collectent, transportent ou traitent des déchets. Conséquemment, le Bloc Vert pense que les
volumes ainsi que les méthodes de gestion, de traitement, délimination et autres,
ne doivent pas être protégés par des renseignements corporatifs. Seuls les coûts
et les états financiers nous semblent dintérêt privé, alors que les données de
gestion nous apparaissent dintérêt public.
Les notions de partenariat avec lentreprise privée,
propriété publique et gestion privée, de tarification dédiée, dapplication du
principe des 3R-V, dimplantation de moyens efficaces dinformation et de
sensibilisation des citoyens, et autres, ont été utilisées avec succès dans n contexte
très similaire dans la région de Moncton au sud-est du Nouveau-Brunswick, et nous
souhaitons que le MEF le considère comme exemple.
En conclusion, le Bloc Vert pense que la protection de
lenvironnement passe avant tout par limplication des intervenants concernés.
De plus, les suivis environnementaux doivent être réalisés par des gens responsables et
compétents en la matière au même titre que les vérifications des états financiers
réalisés par les comptables agréés. Enfin, les MRC devraient être responsables de
lensemble du plan de gestion des matières résiduelles sur leur territoire, étant
le niveau gouvernemental le plus représentatif de léchelle humaine et économique
de la gestion de ces matières. Ainsi, tous seraient rassurés dune saine gestion
environnementale, tout en laissant au MEF le soin de dicter les grandes orientations et
dintervenir dans les situations jugées nécessaires.

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